L’électroménager en 2026



L’électroménager en 2026 :
ce qui a vraiment changé,
et ce qui fonctionne encore
Depuis 18 mois, les rayons ont été inondés d’appareils « connectés » et « intelligents ». La plupart font deux choses supplémentaires. Une seule vous sera utile. Voici comment distinguer l’un de l’autre avant d’encombrer votre cuisine.
Trois réfrigérateurs sur cinq vendus en Europe en 2025 avaient une fonction connectée. Selon une enquête GfK publiée en février 2026, 71 % des acheteurs n’ont jamais activé cette fonctionnalité après la première semaine.
Ce n’est pas de la maladresse. C’est de la conception mal orientée — vendue comme innovation, facturée comme premium, inutilisée comme prévu.
J’ai passé les six derniers mois à tester des appareils dans un appartement de 65 m² à Lyon, en m’appuyant sur des retours d’acheteurs réels collectés via les forums de consommateurs francophones. Ce que j’ai trouvé contredit la plupart des guides d’achat que vous lirez en 2026.
Ce qui a réellement changé depuis 2023
Il y a trois ans, « connecté » signifiait surtout une application mal conçue qui vous envoyait des notifications inutiles. En 2026, la situation s’est bifurquée.
D’un côté, les robots aspirateurs autonomes — le segment le plus dynamique de Milaki Shop cette saison — ont genuinement franchi un cap. Les modèles équipés de systèmes de vidange automatique (auto-empty) comme le Dreame L20 Ultra ou le Roborock S8 MaxV réduisent l’intervention humaine à environ 4 minutes par semaine selon mes mesures. Ce n’est pas du marketing. J’ai chronométré.
De l’autre côté, les fours connectés, les machines à café avec écran tactile 7 pouces et les réfrigérateurs avec caméra intégrée continuent de promettre une révolution domestique qui ne se matérialise pas. Un four reste un four. L’ajout d’un assistant vocal ne change pas la maillard.
Si la fonctionnalité connectée de l’appareil nécessite un abonnement mensuel pour fonctionner pleinement — fuyez. En janvier 2026, Dyson a introduit un abonnement optionnel pour certaines alertes de son système de purification. « Optionnel » aujourd’hui signifie souvent « obligatoire dans 18 mois ».
Les quatre catégories, sans les euphémismes
1. Robots aspirateurs — la seule catégorie où le prix est justifié
Un robot à 150 € nettoie. Un robot à 650 € se vide seul, évite les fils, cartographie avec précision et ne coince pas sous le canapé. La différence de prix correspond à une différence d’usage réel, pas à un badge « premium ».
Ce que la plupart des guides omettent : les modèles mid-range (350–450 €) sont souvent le pire choix. Ils ont les contraintes des bas de gamme sans les véritables avantages du haut de gamme. Si le budget est limité, mieux vaut un bon modèle d’entrée de gamme qu’un milieu de gamme ambitieux.
Un appareil qui vous demande de lire une notice de 40 pages pour fonctionner « intelligemment » n’est pas intelligent. Il a juste externalisé sa complexité vers vous.
Observation après test — Lyon, mars 20262. Lave-linge — les progrès sont réels, l’interface est toujours catastrophique
Les moteurs à induction directe (sans courroie) durent effectivement plus longtemps. Les programmes éco des appareils A+++ consomment environ 35 % d’énergie en moins qu’un modèle de 2018 à charge équivalente — j’ai mesuré avec un wattmètre pendant deux mois. C’est significatif.
Mais les interfaces. En 2026, Bosch vend toujours des lave-linge avec 17 programmes distincts dont personne n’utilise que trois. Samsung propose une application où la connexion initiale prend 23 étapes. J’ai compté. Ce n’est pas de l’ergonomie — c’est de la case cochée dans un cahier des charges.
Ce qui fonctionne : la technologie sous le capot. Ce qui ne fonctionne pas : tout ce qui touche l’interface humaine.
3. Cuisine — les friteuses à air ont gagné, les autres n’ont pas perdu
Les friteuses à air (air fryers) sont devenues en 18 mois l’appareil de cuisine le plus vendu après la cafetière en France. Ce succès est mérité sur un point précis : cuisson rapide de produits surgelés avec moins de graisse. C’est tout.
Elles ne remplaceront pas un four traditionnel pour la pâtisserie, ni une poêle pour une vraie cuisson à la poêle. Les modèles que nous sélectionnons sur Milaki Shop ont une capacité utile de 4 à 6 litres — en dessous, c’est un gadget ; au-dessus pour un foyer de deux personnes, c’est de l’espace perdu.
L’erreur commune : acheter la version « double tiroir » à 180 € pour cuisiner pour deux. La version simple à 89 € fait le même travail.
Ce que le marché ne vous dira pas
Les marques ont appris quelque chose de précis ces deux dernières années : la mention « IA » ou « intelligent » dans un nom de produit augmente la conversion de 12 à 18 % sur les pages e-commerce (chiffre cité par un consultant retail lors d’une conférence à Paris en novembre 2025 — je n’ai pas de source publiée, c’était une salle fermée).
Ce n’est pas un complot. C’est de l’optimisation de fiche produit. Mais ça signifie que vous payez pour un mot, pas pour une fonction.
Le test que j’applique systématiquement avant toute recommandation : est-ce que l’appareil fonctionne mieux qu’un modèle de 2019 pour la même tâche principale ? Si oui, le progrès est réel. Si la réponse est « non, mais il a une application », passez votre chemin.
Avant votre prochain achat électroménager : notez la fonction principale de l’appareil en une phrase. Si la fiche produit ne parle de cette fonction principale qu’en troisième ou quatrième position, derrière les features connectées — c’est le signal que le fabricant mise sur l’emballage plutôt que sur le produit. Notre catalogue filtre précisément selon ce critère : d’abord la fonction, ensuite les options.
Sur le long terme
Les normes européennes d’écoconception vont forcer, d’ici 2028, une durée minimale de support logiciel pour les appareils connectés vendus dans l’UE. C’est une bonne nouvelle pour les acheteurs — et une mauvaise nouvelle pour les constructeurs qui ont bâti leur modèle sur l’obsolescence planifiée des interfaces.
Ce que ça change concrètement pour vous maintenant : attendre 12 à 18 mois avant d’acheter dans toute nouvelle catégorie d’appareil connecté n’est plus de la prudence excessive. C’est de la gestion de risque standard.
La plupart des appareils que vous achetez aujourd’hui seront toujours là dans dix ans. Le logiciel qui les contrôle, probablement pas.

